Communiqué du Réseau des composantes de langues sur l’arrêté du 3 avril 2020

Publié le 17 avril 2020

Communiqué du Réseau des composantes de langues sur l’arrêté du 3 avril 2020 relatif à la certification en langue anglaise
10 avril 2020

Avec les enjeux de l’internationalisation, la formation en langues à l’université pose des questions vives. Les directions d’UFR de langues s’en sont saisies en organisant le Réseau des Composantes de Langues, au sein de la CDUL. Lors du colloque fondateur qui s’est tenu les 7 et 8 novembre 2019 à l’Université Bordeaux Montaigne un consensus s’est dégagé au sujet de la certification, rappelant que :
– Les diplômes de licences, mention Langues Etrangères Appliquées, Langues, Littératures et Civilisations Etrangères et Régionales, Lettres-langues, Etudes Européennes Internationales, attestent en soi d’un niveau de langue et de connaissances culturelles suffisamment élevé pour valoir certifications correspondantes. Il n’y a donc pas lieu de recourir à « une évaluation externe » (Article 1) ;
-Le Certificat de Compétences en Langues de l’Enseignement Supérieur (CLES), élaboré dans le respect du Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues, et issu du financement public, a fait ses preuves dans l’enseignement supérieur en évaluant dans neuf langues les quatre compétences (compréhension et expression orales et écrites). Il conviendrait d’en élargir la promotion dans le monde académique et socio-économique, à l’échelle nationale et internationale.
En outre, l’arrêté du 3 avril 2020 privilégie une certification en anglais « au moins » (Article 1). Ceci est de nature à tarir la richesse culturelle de l’Europe multilingue. Cette hégémonie de l’anglais vis-à-vis des autres langues européennes va également à l’encontre des accords bilatéraux, leviers de l’enseignement du français à l’étranger et donc de la francophonie et du rayonnement international de la France, tant sur le plan culturel qu’économique.
Enfin, le Réseau des Composantes de Langues, attaché au service public, s’oppose fermement au recours à des organismes privés pour certifier les niveaux de langue conditionnant la délivrance de diplômes nationaux.
Nous demandons donc le retrait immédiat de l’arrêté du 3 avril 2020.
A défaut de retrait, nous engagerons une action pour en demander l’annulation, considérant que cet arrêté méconnait le principe de souveraineté des jurys.

 

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