L’Acedle soutient la mobilisation contre la LPPR

Publié le 28 janvier 2020

L’Acedle (Association des chercheurs et enseignants didacticiens des langues étrangères) se déclare opposée à la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) telle qu’elle est actuelle-ment présentée.
Même si certains constats avancés peuvent être pertinents (décharge de cours pour les néo-maitre.sses de conférence par exemple), nous ne partageons ni les conclusions ni les préconisations des rapports des groupes de travail diffusés par le Ministère. Depuis la diffusion de ces rapports, une quantité impressionnante de textes et de motions a déjà été produite pour exprimer les inquié-tudes suscitées par l’application de cette loi. L’Acedle en partage les analyses, qui convergent toutes pour dénoncer la remise en question du statut d’enseignant.e-chercheur.e, la précarisation des per-sonnels, le renforcement de la concurrence et des inégalités entre établissements et entre personnels, l’individualisation des carrières, la présidentialisation et la technocratisation des établissements, la gouvernance managériale et les graves atteintes à la liberté de la recherche, pourtant pilier de notre démocratie.
Nous dénonçons également la marginalisation des associations et des sociétés savantes qui ne man-quera pas d’advenir si ces préconisations devaient être transformées en loi. Une recherche « darwi-nienne » (selon les termes d’A. Petit, directeur du CNRS) et fondée sur la concurrence inter-individuelle et inter- établissements ne laisse en effet que peu de place à l’engagement collectif, bé-névole et désintéressé que représente l’implication dans une association. Or, les associations ont toujours joué un rôle moteur dans la recherche, par le maillage national et international qu’elles in-duisent, par les collaborations qu’elles génèrent, par la formation et l’accueil des doctorant·es et jeunes docteur·es qu’elles favorisent et par les formes d’action et de réflexion inédites qu’elles permettent.
Le refus de cette université-là, concurrentielle, individualiste, bureaucratique, managée est massif, multisectoriel, transdisciplinaire. Pour que la concertation dont le gouvernement se réclame soit réellement prise au sérieux, ce refus doit être entendu. C’est pourquoi nous demandons un ajour-nement de la LPPR et la convocation d’États Généraux de l’Université, auxquels les associations de chercheur·es et les sociétés savantes seraient associées. Il importe en effet que les diverses voix et modes de travail qui innervent et nourrissent l’Université puissent s’exprimer, afin que des propo-sitions alternatives, réellement respectueuses des personnels et de leur travail, soient débattues et construites ensemble, et non pas les uns contre les autres.

Pour en savoir plus sur la LPPR :
Site officiel de la LPPR : https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/pid39124/loi-de- pro-grammation-pluriannuelle-de-la-recherche.html
Réflexions et propositions à l’origine de la LPPR : « Réformes souhaitables de l’enseignement supé-rieur français et éléments d’une stratégie de changement », https://academia.hypotheses.org/9135#souhaitable
Articles et tribunes en opposition à la LLPR
Tribune des sociétés savantes (le Monde, 14 janvier 2020) https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/01/14/il-faut-donner-plus-de-place-a-l-expertise-des-chercheurs-dans-le-debat-public-la-decision-politique-et-l-action-collective_6025851_1650684.html
Tribune d’un collectif d’enseignant.es-chercheur.es : http://rogueesr.fr/hceres/
NB : Tribune également parue dans le Monde (20 janvier 2020) : « Nous, chercheurs, voulons défendre l’autonomie de la recherche et des formations » https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/20/nous-chercheurs-voulons-defendre-l-autonomie-de-la-recherche-et-des-formations_6026543_3232.html

 

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