Le Crem signataire de l’« Appel des directions de laboratoire de recherche pour un moratoire sur la LPPR et pour la tenue d’états généraux de la Recherche et de l’Enseignement supérieur »

Publié le 24 janvier 2020

À la suite de la réunion de son conseil d’unité du 21 janvier 2020, tous les membres titulaires du Crem (enseignant·e·s-chercheur·e·s et personnels d’appui) ont été appelés à participer à un scrutin en ligne visant à déterminer si l’unité devait ou non répondre favorablement à l’« Appel à signature des directions de laboratoire de recherche pour un moratoire sur la LPPR et pour la tenue d’états généraux de la Recherche et de l’Enseignement supérieur » publié le 18 janvier 2020.
95 % de l’ensemble des votant·e·s ont répondu oui.
En conséquence, Jacques Walter, directeur du Crem, a signé aujourd’hui, au titre du Crem, cet appel dont le contenu est reproduit ci-dessous (plus de 50 autres unités de recherche l’ont déjà signé, voir l’appel en ligne).
Moratoire LPPR
Appel à signature des Directions de laboratoire de recherche pour un moratoire sur la LPPR et pour la tenue d’Etats généraux de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur. Une seule signature par laboratoire (Directeur ou Directrice de l’unité).
Madame la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Mesdames et Messieurs les président.es d’université, Mesdames et Messieurs les président.es, directeurs et directrices d’EPST, Mesdames et Messieurs les président.es de sections et commissions interdisciplinaires du CNRS, Mesdames et Messieurs les président.es de sections du CNU, Mesdames et Messieurs les directeurs et directrices de laboratoires de recherche publique,
Chers et chères collègues,
Le projet de loi de programmation pluriannuelle pour la recherche (LPPR), actuellement en cours d’élaboration, devrait être rendu public mi-février. Le calendrier du ministère prévoit son adoption avant l’été.
Depuis quinze ans, les réformes successives de l’enseignement supérieur et de la recherche n’ont pas su faire face à un besoin d’investissement massif dans le savoir, n’ont pas su apaiser les inquiétudes relatives à l’affaiblissement de l’effort national et en particulier de l’engagement public en matière scientifique et d’enseignement supérieur.
La préparation de cette nouvelle loi devrait être l’occasion de rattraper un retard évident en matière de financement et de renforcer la qualité des formations à la recherche ainsi que la place de la connaissance scientifique et de l’expertise des chercheur.es et enseignant.es-chercheur.es dans le débat public, dans l’aide à la décision politique et dans l’action collective. Or ce processus soulève depuis plusieurs semaines un grand émoi au sein de la communauté scientifique.
Dans cet esprit :
Considérant que la LPPR devrait avoir pour mission première de garantir le principe de liberté et de pluralité des activités académiques et scientifiques, garante de l’efficacité de la recherche fondamentale,
Considérant qu’une politique des sciences fondée essentiellement sur les seuls instruments de sélection par appels à projets et mise en concurrence systématique des laboratoires et des personnes n’est pas de nature à renforcer une approche coopérative de la production de la connaissance et des relations scientifiques pourtant essentielle dans la production de connaissance,
Considérant que l’abandon programmé d’une politique de recrutements pérennes entraîne de facto une fragilisation importante des carrières des personnels de la recherche, nuisible non seulement à leur qualité de vie mais aussi à la construction des compétences et à la production scientifique,
Considérant que plusieurs éléments actuellement proposés dans les avant-projets de cette loi sont de nature à porter un préjudice irréversible au fonctionnement des activités de la recherche publique,
Considérant que ces avant-projets ne reflètent que de manière incomplète les ressentis et les propositions émises par les laboratoires,
Considérant les très nombreuses voix qui se sont élevées au sein de la communauté scientifique et des instances sur les risques que présentent les orientations de ce projet de loi (tribune des présidents de sociétés savantes, tribunes et éditoriaux signées par des personnalités du monde scientifique, nombreuses motions des laboratoires et des personnels des départements de formation universitaire etc.),
Considérant qu’il y a la une déconstruction de l’Enseignement supérieur et de la recherche selon des critères qui ne sont pas partagés.
Les laboratoires (UPR, UMR, EA, LU, etc.) que nous représentons donc ici en nos qualités de directeurs et directrices, demandent la mise en place d’un moratoire sur la préparation de cette loi et demandons que le ministère s’engage dans un véritable processus d’élaboration démocratique et qu’il s’engage à organiser des états généraux de la recherche et de l’enseignement supérieur avec les acteurs concernés afin de fixer l’esprit d’une future loi. En ce sens, et en vos qualités respectives de garants et garantes des institutions du monde académique, nous vous interpellons pour appuyer cette demande auprès du Ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur et de notre ministre Mme Frédérique Vidal.

 

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