L’identité nationale, la question de la langue et le plurilinguisme
Histoire et débats contemporains
Cet ouvrage qui porte en sous-titre Histoire et débats contemporains traite, dans sa première partie, des relations entre la problématique de l’identité nationale et la question de la langue. Il se focalise sur la figure d’Ernest Renan et sa fameuse conférence de 1882 « Qu’est-ce qu’une nation ? » dont on explore l’immense fortune éditoriale, intellectuelle et politique. Le contexte de la réflexion est le rapport des savants du XIXe siècle – dont les linguistes – au politique (Bréal, Meillet, Mauss) mais aussi la décentration du rapport langue/nation hors de l’Europe (B. Anderson).
La deuxième partie explore des interrogations fondamentales sur la formation des nations et en particulier sur la langue comme critère constitutif du « national ». De la lointaine polysémie du terme « nation » aux polémiques qui marquent le débat de 2007 sur l’identité nationale en France se déploie un parcours où l’on retrouve les questions de l’immigration et de la colonisation. Sans prétendre en aucune façon à une histoire de la notion de « nation », il nous est apparu ensuite utile d’explorer la place conférée à la question de la langue par certains historiens du fait national et du nationalisme (P. Ory, D. Schnapper, A.-M. Thiesse, E. Hobsbawn, E. Gellner entre autres).
La troisième partie de cet ouvrage réunit des études récentes sur le plurilinguisme comme source de controverses au sein des théories du langage et de la didactique des langues. La contextualisation de ces travaux est plus affirmée (colloques en particulier) et se traduit par des dialogues plus ou moins critiques avec les positions d’autres chercheurs. Le fil rouge est celui du discours sur les langues, sur la mondialisation, les migrations et la « mobilité », la « diversité culturelle », l’Europe.
Ce livre, comme les précédents, tire sa cohérence globale d’un intérêt pour la réflexion historique et pour l’épistémologie des savoirs et idéologies linguistiques. Il est clairement engagé : ni neutralité axiologique ni politisation de la théorie.
