Le roman national de la langue (1790-1920)
Pour une histoire des imaginaires linguistiques des grammaires du français
Qu’est-ce qu’une langue nationale ? Comment une langue le devient-elle ? Qui participe à ce processus ? Comment le français, langue parmi d’autres en France métropolitaine, a-t-il accédé à ce statut ? Ce sont à ces questions qu’essaie de répondre l’ouvrage en donnant voix aux grammaires du français écrites pendant le « long xixe siècle », qui s’étire de la Révolution française jusqu’à la fondation de la linguistique au début du xxe siècle. Parcourir ces grammaires pour la plupart oubliées, écrites par des auteurs socialement très divers à une époque où la linguistique n’est pas constituée comme discipline, permet de rendre compte de l’imaginaire linguistique de ces masses invisibles qui pourtant, font la langue : car ces grammairiens sont bibliothécaires, ouvriers typographes, militaires, avocats, banquiers, fonctionnaires, pères et mères de famille. S’il est indéniable que la politique linguistique mise en place par l’État français au fil des siècles a joué un rôle majeur dans la nationalisation du français, cette enquête fera valoir un autre point de vue : celui des locuteurs, afin de montrer à quel point la langue nationale est aussi une construction discursive – une fiction, en somme, qui se nourrit du mythe du génie de la langue française et qui assure sa pérennité par un processus de mythification de l’histoire de la langue.
Cet ouvrage a reçu le soutien financier de Sorbonne Université et le soutien matériel de la Bibliothèque national de France.
