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Archives de la LSF
Dirigée par Françoise Bonnal-Vergès, chargée de cours aux universités de Toulouse et de Paris 8 - Saint-Denis, cette collection édite et réédite des sources historiques (1780-1980) de la Langue des Signes Française difficiles à trouver en bibliothèque : descriptions linguistiques, dictionnaires, grammaires, méthodes d'enseignement, pour contribuer à reconstituer le patrimoine culturel sourd.
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Formé par les Frères de Saint-Gabriel, le Père François Laveau (1806-1869) a dirigé l’École des sourds-muets d’Orléans pendant vingt-cinq ans – de 1839 à 1864. De cette expérience pédagogique va naître une méthode originale jusqu’ici ignorée de la recherche en LSF, qui doit beaucoup à l’abbé de l’Épée.
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Au printemps 1853, les Frères de Saint-Gabriel scolarisent plus d’enfants dans leurs établissements de l’Ouest que la seule École de Paris. Ils se posent des questions sur la meilleure façon de faire acquérir la langue française à leurs élèves et décident d’organiser à Loudun, du 14 août au 10 septembre 1854, un Congrès pédagogique voué aux signes et à la parole. Les correspondances conservées dans les Archives générales de la congrégation à Rome font apparaître le souci d’uniformiser la langue des signes parlée dans les écoles de l’Ordre. Le Père Isaac Bouchet (d’Orléans) demande à ses collègues de recueillir les signes qu’ils emploient sous la forme d’un "vocabulaire que chaque établissement rédige[ra] dans le style le plus caractéristique possible". Les Frères Anselme (de Loudun) et Louis (de Nantes), signalent qu’ils ont déjà "un plan de dictionnaire et une manière abrégée de représenter les signes", tandis que le Frère Hubert (lui aussi de Nantes) commence à dresser des listes de signes…
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Le Dr A.-L.-P. Blanchet (1819 - 1867) est resté célèbre par la controverse qu’il a portée jusque devant l’Académie de Médecine pour décider dans quelle mesure il serait possible de faire parler les jeunes sourds, ce qui aurait permis de fermer les institutions spécialisées et de réunir tous les enfants de France sur les bancs de la même école publique. Malgré son caractère passionné et philanthropique, son militantisme n’a pas manqué de produire des effets pervers en contribuant au discrédit de la LSF qu’il a pourtant aidé à décrire.
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L’abbé Jean Ferrand (1732-1815), nommé Supérieur de la congrégation des Filles de la Providence de Chartres en 1776, y dirige de 1785 à 1791 une classe de sourdes-muettes. Un stage auprès de l’abbé de l’Épée, la lecture de son Institution des sourds et muets par la voie des signes méthodiques et de sa Véritable Manière d’instruire les sourds et les muets inspirent le dictionnaire qu’il rédige à l’intention de Marie Montangé à qui est confiée l’instruction des petites en langue des signes.
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Jérôme Clamaron dirige l’atelier lithographique de l’Institution nationale des sourds-muets de Paris lorsqu’il édite ce recueil de planches abécédaires qui donne une idée du matériel pédagogique créé à la fin du XIXe siècle pour les classes de l’enseignement spécialisé, à mi-chemin de la langue des signes et du français signé. C’est le dernier recueil de signes illustré du XIXe siècle.
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Rémi Valade (1809-1890) se forme aux méthodes actives et à l’enseignement mutuel avant de se consacrer à l’éducation des sourds-muets auprès de son frère Jean-Jacques Valade, dit Valade-Gabel. Ses succès pédagogiques, notamment avec l’invention des chiffres dactylologiques, lui valent d’être nommé censeur de l’école de Bordeaux puis professeur de première classe à Paris. Il compose de 1850 à 1854 deux ouvrages remarqués sur la lexicologie et la grammaire du langage naturel des signes. Nommé censeur de l’Institution de Paris en 1866, il prend sa retraite en 1875.
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Paul Jouison (1948-1991), éducateur de jeunes sourds et l’un des acteurs majeurs du mouvement sourd des années quatre-vingt, découvre en 1977 les recherches américaines sur l’American Sign Language et en particulier les travaux de William Stokoe. Il fonde dès 1978 l’Association Ferdinand-Berthier, première association sourds – entendants en France, et y élabore un Cours de grammaire de la langue des signes française, publié en vidéo à partir de 1982. Ses écrits (1980-1990) mettent l’accent sur le rôle du corps dans les langues des signes. Admis en doctorat sous la direction d’Antoine Culioli en 1987, il meurt d’une leucémie quatre ans plus tard, laissant une œuvre souvent pionnière qui a été recueillie et publiée par Brigitte Garcia dans Écrits sur la langue des signes française, Paris, L’Harmattan, 1995.
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